Dans un entretien avec le magazine Challenge, Paul Champsaur, le président de l’ARCEP déclare que France Télécom retarde le déploiement des réseaux de fibre optique. Selon lui « Sur la partie terminale, en vertical (dans les immeubles), France Télécom veut imposer sa solution : la pose d’une fibre unique à laquelle se raccorderaient les concurrents. Cela pourrait en handicaper certains, tel Iliad-Free qui utilise une autre technologie ».
France Telecom n’a pas tardé à répondre. « Tous les griefs [de l'ARCEP] sont infondés, explique Yves Parfait, directeur du projet la fibre d’Orange France. Nous avons toujours adopté une attitude ouverte sur la fibre. » En ce qui concerne le câblage horizontal, l’opérateur historique rappelle qu’il propose depuis le 15 septembre une offre de gros pour les autres opérateurs. Pour le câblage vertical « nous avons de bonne foi, à la demande de l’Arcep, mené des discussions avec nos concurrents de manière pragmatique et ouverte depuis plusieurs mois », indique Yves Parfait.
Dans ce domaine Orange accuse à son tour Free de bloquer la mise en œuvre d’un accord. « Free a refusé jusqu’à présent les propositions d’accord qui lui ont été faites, en exigeant le déploiement systématique de la solution multifibre, explique Yves Parfait, alors même que la viabilité et l’économie de cette solution n’ont pas encore été expérimentées. Rien ne peut justifier d’imposer a priori aux acteurs du marché la solution de fibrage vertical multifibre exigée par Free. »
De plus il reproche à Free de ne pas communiquer d’offre détaillée pour accéder aux immeubles parisiens qu’il raccorde. « C’est donc bien plutôt Free qui bloque ainsi la mise en œuvre d’un accord général sur la mutualisation du fibrage vertical, préalable indispensable au déploiement à grande échelle de la fibre », conclut Yves Parfait, en ajoutant qu’Orange reste « désireux de trouver des solutions dans une approche équilibrée et sans a priori ».