Une pincée de multifibre dans l’accord Orange-SFR

La mutualisation des réseaux de fibre optique est au cœur d’une passe d’arme où s’opposent Free d’un côté et le couple Orange-SFR de l’autre. Ces derniers sont allés jusqu’à mettre leur rivalité un temps de côté pour conclure un accord centré sur le principe d’un déploiement concerté de la fibre optique qui inclus un câblage « monofibre » au cours duquel un seul câble est tiré depuis un point de mutualisation installé à l’intérieur des bâtiments.

Immédiatement Free s’opposait à ce front uni et défendait mordicus l’installation des points de mutualisation à l’extérieur des bâtiments et le câblage « multifibre » avec autant de câbles que d’opérateurs souhaitant participer au déploiement du réseau à l’intérieur des locaux.

Sans attendre l’ARCEP conformément à sa mission d’autorité de régulation a invité une nouvelle fois les deux camps à s’entendre et à mettre en place des accords de mutualisation permettant de tester les différentes solutions y compris trois options souvent revendiquées par Free :
- la pose de fibres supplémentaires à la demande d’un autre opérateur et financée par ce dernier
- la localisation du point de mutualisation sur le domaine public
- la présence d’un opérateur d’immeuble unique fournissant l’ensemble des prestations du point de mutualisation jusqu’à la prise de l’abonné.

Face ces recommandations Orange et SFR se sont déclarés prêts à tester à grande échelle une mutualisation de type « multifibre ». Dans la foulée les deux opérateurs ont complété leur accord du 24 septembre qui prévoit désormais de « mettre en œuvre sur une zone significative (XVe arrondissement de Paris et une zone de province à déterminer) et en liaison avec les autres opérateurs qui le souhaiteront, une ingénierie nouvelle prévoyant, dans les immeubles qu’ils fibreront l’un ou l’autre, des fibres surnuméraires à destination des autres opérateurs participant à ce déploiement ».

Mais Orange et SFR n’abandonnent pas pour autant leurs choix techniques initiaux et dévoilent simultanément qu’ils ont d’ores et déjà fibré suivant les modalités de l’accord du 24 septembre des immeubles dans les XIIIe et XIVe arrondissements de Paris.

On s’achemine donc tout droit vers un blocage qui se soldera probablement par une décision réglementaire à caractère contraignant par laquelle l’ARCEP imposera enfin une procédure de mutualisation commune aux différents opérateurs.

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